Dirigeant(e)s : que pouvez-vous apprendre d’un coach sportif ?

07 octobre 2020

Tous les managers s’accordent sur un fait : le monde de l’entreprise et celui du sport présentent de nombreuses similarités. Affronter la concurrence, se préparer pour de grandes échéances, gérer le stress, autant de situations qu’on retrouve dans les deux milieux. Par ailleurs, de plus en plus de dirigeants font intervenir des athlètes de haut niveau et des entraîneurs dans les séminaires. Et si le dirigeant trouvait dans les pratiques des coachs sportifs des méthodes qui lui permettraient de donner un coup de neuf à son management ?

 

Surmonter l’échec

Tous les meilleurs entraîneurs du monde ont un parcours marqué par des échecs, quelques fois cuisants. Lorsque le succès n’est pas au rendez-vous, l’entraîneur doit réussir à amener son équipe à tirer les leçons de l’échec et remotiver son équipe. De la même manière, le dirigeant doit arriver à surmonter les difficultés et les crises par lesquelles son entreprise peut passer. Il doit arriver à transformer l’échec, l’étudier pour en faire la fondation d’une performance future.

 

Choisir les bonnes personnes

La passion est au centre du sport. Lorsque dans une équipe il y a des joueurs dont les prouesses sont motivées d’abord par le gain et la célébrité, cela se ressent dans la cohésion de l’équipe et par la suite dans ses résultats. Le coach le ressent et préfère travailler avec ceux qui se donnent à fond et qui mettent leurs ambitions au service de l’équipe et de l’objectif.

Dans son livre De la performance à l’excellence, Jim Collins affirme n’avoir pas trouvé une différence significative entre les schémas de rémunération des hauts cadres des entreprises excellentes et ceux des entreprises de comparaison. Le dirigeant qui veut mener son entreprise à l’excellence met dans son bateau non pas ceux qui donneront le meilleur d’eux-mêmes pour ce qu’ils en retireront comme gloire, mais parce qu’ils n’imaginent pas faire moins.

 

Avoir des relais internes

Un entraîneur doit avoir dans son équipe une ou plusieurs personnes à même de motiver ses coéquipiers, de maintenir la vision. Ce fut un des éléments clés de l’équipe de France qui a remporté la coupe du monde en 1998. Aimé Jacquet pouvait compter sur Laurent Blanc et Didier Deschamps pour faire assoir sa stratégie au sein de l’équipe.

 

De la même manière, un dirigeant devrait s’entourer de personnes de confiance qui comprennent le projet de l’entreprise, qui y adhèrent et qui s’en font l’écho auprès des autres collaborateurs. C’est sur ces relais que le dirigeant peut s’appuyer même en son absence pour porter la vision et assurer la pérennité de la vision.

 

Miser sur la complémentarité

Sur un terrain de football ou sur un terrain de basket, le coach répartit clairement les rôles de chacun, selon son talent. Il y en a dont le rôle principal est de marquer des buts, tandis que d’autres sont censés faire des passes. Si les uns manquent à leur devoir, les autres ne pourront pas accomplir leur mission et c’est toute l’équipe qui en pâtira. Le bon entraîneur doit savoir associer les talents et non simplement les additionner.

 

Dans l’entreprise, chacun doit savoir quelle est sa place, qu’est-ce qu’il doit apporter à l’autre comme soutien. Le dirigeant doit pouvoir mettre en exergue cette complémentarité entre les différents collaborateurs, pour les faire converger vers le but. En dirigeant l’ensemble de son équipe vers un objectif clair, les individualités sont mises au second plan, au profit du projet commun.

 

S’attribuer la responsabilité en cas d’échec

Dans le monde du sport, en cas d’échec de l’équipe, la responsabilité est en premier lieu attribuée à l’entraîneur. De même, un bon dirigeant doit rechercher en lui les causes d’un échec, et non en son équipe. Jim Collins, dans son ouvrage cité plus haut appelle cela le miroir. Les grands dirigeants se tournent vers le miroir pour s’attribuer la responsabilité d’un dysfonctionnement sans jamais blâmer les autres, des facteurs externes ou la malchance.

 

Les dirigeants gagneraient à intégrer certaines valeurs du sport dans le management quotidien de l’entreprise. En outre, la pratique du sport entre collaborateurs est elle-même vecteur de proximité sociale et psychologique, particulièrement les sports collectifs. En dehors des bienfaits que cela procure au corps et à l’esprit, la pratique du sport entre collaborateurs permettra à chacun d’intégrer indirectement ces valeurs du sport dans les rapports communs.

 

VISCONTI Partners

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